Les finitions qui n'en finissent jamais

Quand tu crois avoir fini de tisser, commence alors un tout autre travail.

PROCESSUS

Le processus de tissage peut être long. Sans aucun doute, on ressent une grande satisfaction lorsque l'ouvrage apparaît dans sa complétude sur le cadre. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Plusieurs facteurs déterminent la quantité de travail qu'il reste à effectuer une fois le processus de tissage terminé. Il y a des tisserand·e·s et des artistes textiles qui ne consacrent généralement pas autant de temps à la finition : au final, ce qui est "l'envers du décor" ne se voit pas. Pourquoi, alors, passer des heures avec des finitions ? Un autre facteur est la façon dont le tissu sera accroché ou exposé. En effet, si celui-ci est destiné à être encadré, mieux vaut essayer de limiter la quantité de fibre qui se trouve au verso. Le type d'ouvrage réalisé est aussi un facteur déterminant : s'il s'agit d'un tissage à fibres épaisses et assez artisanal, peut-être les fils peuvent-ils être laissés plus facilement, cela fait partie du style, d'une certaine manière.

En général, je n'aime pas laisser autant de fils au verso d'un tissage. Je n'en fais pas de nœuds, pour ne pas créer de relief inutile. Non... Je cache les fils sous les trames. J’aime quand l’envers est presque aussi soigné que l’endroit. Comme une autre version du même tissage, mais un peu différente, une version plus imparfaite mais qui a son histoire et son truc à elle.

C'est presque magique, ces fils disparaissant dans la trame même du tissage. Presque invisible... parfois on discerne comme une petite cicatrice, comme une trace de quelque chose qui s'est passé ici. Il faut y prêter attention, car on le voit à peine.

C'est un long travail... des heures à cacher les fils. Parfois, je jette l'éponge et je continue avec des nœuds. D'accord, quelques nœuds, c'est bien. Mais ce n'est pas aussi "joli" que ces fils qui sont cachés, cachant ainsi les interruptions du tissage.